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COMPARATIF MOTO-GUZZI 940 BELLAGIO VS HONDA VT1300CX FURY
Exclusives avant tout.
Présentation :
Il nous a fallu un peu de chance à moi et à mon compère pour dégoter ses motos assez spéciales. Une Moto-Guzzi à l’esprit sportif et une Honda au look démoniaque, un peu plus, et on se prendrait pour de vrais Riders des années 60. Sans être de véritables concurrentes, on a décidé de tester surtout leur originalité pendant une centaine de kilomètres.
Style :
La Bellagio mélange les genres, avec un look se positionnant entre le roadster et le custom. Gros phare rond, du chrome à profusion, une partie arrière rappelant les Norton, dans cette livrée noir mat, la Moto-Guzzi se place directement en concurrence avec l’Harley-Davidson 883 Sportster. La Fury, elle, c’est carrément l’Amérique. Néanmoins, Honda a réussi un mélange improbable du moderne et de l’ancien. Moderne, avec les jantes à bâtons et son feu arrière horizontal, et l’ancien, avec sa partie-cycle des plus simplistes et ses chromes (souvent en plastique) qui débordent.
Techniques et tarifs :
La Moto-Guzzi Bellagio 940 est donc équipée d’un V-Twin à 90° de 936cm3 qui développe 75ch à 7200tr/mn et 7.9mkg de couple à 6000tr/mn. Elle dispose d’une boîte 6 rapports avec transmission par cardan. Les freins sont signés Brembo avec deux disques de 320mm à l’avant et un disque de 220mm à l’arrière. Son poids est de 224kg à sec. Son prix est de 12 900€ chez ZoneVerte.
La Honda VT1300CX Fury est équipée d’un V-Twin à 52° de 1312cm3 qui développe 58ch à 4250tr/mn et 10.9mkg de couple à 2250tr/mn. Boîte 5 vitesses et transmission par arbre conique, elle ne dispose que d’un seul disque avant de 336mm et un disque de 296mm à l’arrière. Son poids est de 303kg à sec. Son prix est de 16 800€ chez Couleur Chrome.
Impression à l’essai :
Je commence doucement notre parcours avec la Bellagio. Plutôt facile à prendre en main, je peste quelque peu en ville, avec une boîte de vitesse dure, une transmission cardan assez brutale et un train avant qui me semble lourd. Le moteur est typiquement italien. Il a du caractère et fait entendre ses décibels à chaque petite accélération. Il s’agit d’un roadster, sur nationale, on a droit à tout le vent de face, à partir de 150km/h. Heureusement, on est raisonnable aujourd’hui. Calé en sixième, cette Moto-Guzzi donne des fourmilles dans les doigts au bout de quelques kilomètres. On s’amuse beaucoup plus sur les routes de montagne où elle fait preuve d’une belle agilité. A l’attaque, il ne faudra pas hésiter à lui faire prendre des tours, elle adore ça. La Fury est bien plus sage, avec une douceur de fonctionnement vraiment agréable. Le moteur, la boîte et la transmission ne présentent aucun défaut. On peut vraiment apprécier la route à son guidon. La nationale, les départementales, elle est très facile à piloter, malgré son poids colossale. En ville, c’est une autre histoire. L’empattement de cette moto fait peur et son rayon de braquage est vraiment gigantesque. De plus, quand on démarre à chaque feu rouge, j’ai eu un peu de mal à retrouver les cale-pieds, placés très en avant. Le confort de selle est acceptable, néanmoins, le débattement de la suspension arrière quasi-nul vous fera ressentir tous les aspérités de la route.
Conclusion :
Voilà donc, deux motos qui ne suivent pas le même chemin. L’une est une rebelle au caractère bien trempé doté d’un châssis moderne, l’autre, est un custom qui souhaite vous faire voyager en douceur. On retiendra surtout l’exclusivité de ces deux machines. Alors, caractère italien ou look démentiel, à vous de faire votre choix.
L’œil de Philippe* : « Deux produits exclusifs »
Après le premier essai couplé réalisé, nous avons eu, grâce au concessionnaire Moto-guzzi Réunion et au magasin Couleur Chrome, un superbe essai de deux belles machines, exclusives qui ne sont toutefois pas aussi proches l’une de l’autre que nous l’envisagions avant de faire ce comparo. La Honda VT 1300 CX « Fury » est un ovni sur la planète Honda. Dans la droite ligne du DN 01, le constructeur nippon s’est une fois encore lâché au niveau des planches à dessin et de la qualité générale du produit fini, tant au niveau du comportement routier, que du look ahurissant. La Fury est un chop qui passe partout sans fatiguer son conducteur par des soubresauts moteur, ou des vibrations intempestives, malgré ses 300 kilos. Le couple est son point fort. On enfourche l’engin et on se calle en 4ème, puis on conduit au filet de gaz, avec une qualité routière en sous-régime en circuit urbain incroyable et des reprises sur les 4 voies du tonnerre. On cruise, la position est très confortable même pour le grand gabarit que je suis, malgré les proéminences du moteur chromé. James, l’heureux propriétaire de la Fury a un tout autre gabarit, lui l’ancien pilote amateur de vitesse en métropole de 1974 à 1984, s’éclate sur cette machine aux finitions qui ne cessent de faire tourner les têtes des piétons ou des caisseux. Malgré une puissance maxi raisonnable surtout par rapport à son ex Suzuki Intruder 1800 MR1 de 2008, James avale 250 kilomètres quotidiens sur sa machine, pas besoin d’en dire plus sur l’agrément de conduite de cette Fury qui donne du plaisir à chaque tour de roue. Seul bémol, son niveau de freinage, surtout à l’attaque dans les virolos de Colimaçons. C’est limite et le frein moteur étant surpuissant, la conduite sportive dans les rampes est à déconseiller, sauf à vouloir frotter du cale-pied par terre. Ensuite, les amortisseurs vous rappelleront aussi à l’ordre si le revêtement n’est pas de bonne qualité. Ca passe quand on anticipe, c’est moins agréable si l’on se fait surprendre. Pour le prix, 16800 euros rendue Réunion (sans les frais d’immatriculation chez Couleur Chrome), c’est une exclusivité à saisir pour les amateurs de belles motos qui ne vous trahissent pas. La monte de James était d’ailleurs équipée d’un kit Honda comprenant une selle solo, un saute-vent et un sabot qui augmente encore le look. On se croirait un chevalier sur son destrier tellement les courbes du réservoir et la double ligne d’échappement laissent divaguer l’imagination. Pas de conduite à l’anticipation par contre pour la Guzzi Bellagio. Ici on est dans le réel d’un roadster vitaminé de 940cc, au look vintage, mais à la puissance moteur italienne qui demande une certaine maîtrise car il faut aller chercher les watts pour en profiter compte tenu de la cartographie du bicylindre en V. Par contre, la symphonie du moteur est belle dès les 1ers tours minutes, les courbes de ce custom aussi, en rupture avec les lignes acerbes de tous les concurrents naked japonais du marché. C’est cela qui fait que la Bellagio est particulière et exclusive comme la Fury, d’où cet essai. Moins précise au niveau boîte que les roadsters asiatiques (et que la Fury, j’avais oublié de préciser ce point, mais c’est un délice de précision), cette Guzzi ne demande qu’à ce qu’on tire dedans pour laisser parler sa puissance. La tenue de route est bonne, la position de conduite pas fatigante sur longue ligne droite. Après, si l’on voyage dans les hauts, son poids de 240 kgs sera un petit handicap par rapport à ses concurrentes, mais si l’on s’intéresse à ce genre de brèle, les amateurs d’Harley ou d’anglaise en premier lieu, on s’en accommodera très bien. Idem pour tous ces détails italiens qui agacent les détracteurs des européennes comme le câble de frein qui obstrue un peu le tableau de bord, la béquille trop avancée. Mais sa robe noir et sa double sortie rectiligne parallèle au sol, son réservoir galbé et son caractère sportif qui ne demande qu’à se laisser aller sont autant, avec son prix, de qualités qui font de la Bellagio une italienne qui séduira les amateurs de belles mécaniques. * correspondant de presse le Jir.
Décembre 2010
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| Comparatif Moto-Guzzi Bellagio VS Honda Fury |
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