DS N°8 350ch 4WD Etoile
Une lignée à respecter
Présentation :
Plus jeune marque française, DS tente de nous faire oublier le haut de gamme allemand depuis quelques années. Pour asseoir son image, il faut proposer dans son catalogue, une grande berline prestigieuse. En 2022, la concession locale nous présentait la DS 9, une grande routière statutaire hybride rechargeable, particulièrement bien équipée et bien finie, mais qui s’adressait principalement au marché asiatique. Cette dernière était d’ailleurs construite en Chine. Avec son inédite DS N°8, le constructeur français a des ambitions européennes. Côté technologie, la N°8 fait appel à la fée électricité, grâce à l’adoption de la plate-forme STLA Medium, qui équipe déjà les Peugeot 3008, 5008, et Opel Grandland. Lors de cet essai, on va découvrir à quel point DS a soigné tous les aspects de cette berline. La concession locale ne fait pas dans la dentelle pour combler le client Réunionnais. Il n’y aura qu’un modèle disponible, et deux finitions au programme. Bien évidemment, il s’agit de la version la plus puissante à transmission intégrale. De notre côté, avant même d’essayer cette N°8, on ne peut pas s’empêcher de penser à d’anciens véhicules mythiques de la marque aux chevrons, que sont les DS21, SM Maserati, CX ou XM.
Style :
Difficile de révolutionner la catégorie quand on présente ce type de berline. Néanmoins, surprendre son monde, c’est normalement une spécialité DS, filiale premium de Citroën. De face, on reconnaît encore la typique calandre Wild Rubis. Sur notre version d’essai, cette dernière est automatiquement illuminée (DS Luminascreen). Les blocs optiques sont particulièrement fins, et proposent un motif « clous de Paris ». La signature lumineuse en V « DS LightBlade » habille l’extrémité de cette proue. A l’arrière, le design est encore plus tranchant, avec de magnifiques feux en écailles et une barre lumineuse qui descend jusqu’au bouclier. Mais on peut également s’attarder sur les lignes tendues et les nombreuses arêtes saillantes de cette carrosserie. Le but n’est pas uniquement stylistique. DS a d’abord voulu optimiser l’aérodynamisme de son vaisseau amiral. Le dessin des boucliers, la lunette arrière en pente douce, les poignées de porte affleurantes, les jantes semi-carénées, DS ajoute en prime, de gros volets actifs à l’avant et un soubassement entièrement caréné. Résultat, les coefficients de pénétration dans l’air (Cx 0.24) et de traînée (SCx 0.63) sont particulièrement intéressants. Ces nombreux éléments mis bout à bout, font gagner près de 90km d’autonomie supplémentaires. Etrangement, malgré une garde au sol de seulement 15.5cm, cette DS N°8 me paraît un peu haute sur pattes.
Intérieur:
On attendait beaucoup de DS concernant l’aménagement de cette grande berline. Finalement, on n’est pas déçu. Il faut savoir que cette plate-forme STLA Medium dispose d’un empattement de 2.90m, comme sur le 5008. Contrairement au SUV, cette DS N°8 ne doit accueillir que cinq passagers. Résultat, l’habitabilité est conséquente et le plancher plat apporte un confort supplémentaire aux places arrière. Sans être une limousine, les longs voyages seront une partie de plaisir pour tous les occupants. Mais c’est évidemment l’ambiance qui nous donne le sourire. J’apprécie particulièrement cette longue planche de bord rectiligne et concave, qui intègre parfaitement l’instrumentation numérique de 10.25 pouces et l’écran central tactile panoramique de 16 pouces. Le volant à 4 branches en X, s’inspire d’une barre de bateau. De l’aluminium à tous les étages, notamment au niveau des haut-parleurs de portière, trois ambiances différentes (Noir basalte, Brun Alesan, Bleu Eternel), du cuir nappa ou de l’alcantara pour les sièges et l’habillage intérieur, un tunnel central avec éclairage d’ambiance en étoile, motif « clous de Paris », surpiqûres « point perle », présence de quelques matériaux recyclés, les assemblages de tous ces éléments semblent sérieux. On trouvera encore certains détracteurs, capable de dénicher quelques plastiques durs. Au-dessus de votre tête, vous pourrez admirer un immense toit en verre sérigraphié, qui a l’avantage d’apporter de la luminosité à bord, tout en augmentant la garde au toit. Son verre feuilleté à traitement infrarouge, permet de sauvegarder une température optimale à bord, en hiver comme en été. Côté capacité de chargement, le hayon à ouverture électrique, cache un coffre de 580 litres sur cette version AWD.
Technique et tarifs :
Notre modèle d’essai disposait donc de la double motorisation électrique, développant 350ch et 509nm de couple. Elle est alimentée par une batterie NMC de 97.2kWh net. Le véhicule mesure 4.82m de long, 1.90m de large, sa garde au toit est de 1.58m, et son empattement, de 2.90m. Il pèse 2289kg à vide et chausse du 235/50R20. Le 0 à 100km/h est effectué en 5.4s, le 1000mDA en 26.5s, et il croise à 190km/h. DS annonce une consommation d’énergie de 16.6kWh au 100km, permettant une autonomie de 688km selon le cycle WLTP.
La DS N°8 dispose d’un chargeur AC 11kW. On passe de 10% à 100% en 9h10. Elle encaisse une charge DC de 160kW, avec un temps de charge de 30mn, pour passer de 10% à 80%.
Equipements disponibles Finition Etoile et Edition Limitée: Pompe à chaleur, écran central tactile de 16 pouces, DS Iris System 2.0, navigation 3D connectée, Android Auto et Apple CarPlay sans fil, chargeur de smartphone à induction, 4 prises USB (2 à l'avant, 2 à l'arrière), radars de stationnement avant, latérale et arrière, caméra à 360°, vitrages feuilletés et acoustiques, vitres arrière et lunette surteintées, climatisation automatique trizone, calandre DS Luminascreen, alarme, DS Drive Assist 2.0, DS Pixel Leds Vision, rétroviseur intérieur numérique, hayon motorisé avec fonction « bras chargés », DS Extended head-up Display, sièges avant et arrière chauffants, chauffage de nuque, suspension pilotée par caméra, sellerie alcantara ou cuir Nappa, surveillance d’angle-mort, jantes alu de 20 pouces…
Equipements supplémentaires : système audio focal 3D, système de vision nocturne, toit panoramique feuilleté, pare-brise et volant chauffants, toit noir, toit et capot noir, jantes alu de 21 pouces, caméra attention du conducteur etc…
Modèles disponibles :
- Etoile avec intérieur Alcantara Bleu éternel à 94 000€
- Etoile avec intérieur cuir nappa noir basalte à 96 000€
- Etoile avec intérieur cuir nappa noir basalte et Jantes de 21 pouces à 97 600€
- Etoile avec intérieur brun alezan et Jantes de 21 pouces à 98 100€
- Edition Limitée avec intérieur cuir nappa et alcantara bleu éternel à 95 000€
Impression à l’essai :
Il me faudra environ 5mn sur le parking de la concession, pour reprendre en main le système multimédia du groupe Stellantis. A part une réactivité moyenne à l’ouverture des menus, j’arrive à peu près à me retrouver parmi les nombreuses fonctions. Je ne suis pas vraiment un geek, alors je cherche à atteindre rapidement mon Applecarplay, mes aides à la conduite, et les réglages du système audio Focal 3D. Etant dans une DS, j’ai également jeté un œil sur le menu des sièges, avec une fonction massage particulièrement travaillé. Après deux de route, je trouvais le maintien latéral plutôt moyen, mais c’était avant de m’apercevoir que l’on pouvait aussi régler ce problème en resserrant les coussins. Je suis agréablement surpris par la précision et le toucher des commandes à retour haptique au volant. Mais on est surtout là pour avaler des kilomètres, et cette DS N°8 est née pour ça. Pas de soucis à se faire à la Réunion, côté autonomie, puisque l’on pourrait tranquillement faire plus de deux tours de l’île. Mode Eco, Confort, Normal, Sport ou 4WD, trois niveaux de récupération d’énergie grâce aux palettes au volant, un mode One Pedal pour la ville, la prise en main est extrêmement simple. On sent que nous avons une grosse batterie dans le plancher, avec une position de conduite assez haute et des genoux légèrement pliés aux places arrière. Heureusement, le centre de gravité et la bonne répartition des masses, assurent une tenue de route parfaite. Un parcours sous des trombes d’eau sur route nationale et en commençant à monter dans les hauteurs de l’île, cette berline de 2.3 tonnes ne bougent pas une oreille, bien assise sur la route. On était évidemment bien aidé par les 4 roues motrices et la monte pneumatique particulièrement généreuse du jour (255/40R21). Quand la route s’assèche, on peut bien évidemment activer le mode Sport. La double motorisation électrique pousse tout le temps, mais les accélérations restent très linéaires, afin de ne pas brusquer les trains roulants. On dispose d’un très bon grip, mais son comportement neutre et son inertie conséquente dans les virages serrés, vous pousseront à lever le pied. La DS N°8 est avant tout là, pour vous rassurer tout en mettant en avant le confort. Cette suspension pilotée qui lit la route en permanence et qui adapte l’amortissement en avance, en fonction de l’état de la route, est toujours aussi magique. Malgré la présence de ces énormes jantes, je n’ai remarqué aucune vibration à bord. Retour en concession en mode Eco par la nationale, on remarque un régulateur de vitesse adaptatif et un maintien dans la voie actif, un peu trop réactifs par moment. Le véhicule surveille son environnement et prend la main de façon brutale dans certaines situations. Après une grosse journée d’essai, on s’en sort finalement avec une consommation d’énergie de 20.5kWh au 100km, correspondant à une autonomie réelle de 475km. Selon mes calculs, en roulant en ville ou tranquillement sur la côte, on pourrait facilement atteindre les 600km.
Conclusion :
Pas aussi excentrique dans son dessin si on la compare à ses aïeuls, la DS N°8 impose néanmoins le respect. Signature lumineuse particulièrement travaillée, des lignes suffisamment tranchantes et une lunette arrière très inclinée, on est plutôt charmé par son style. L’aménagement de l’habitacle est également très intéressant. Un véritable salon roulant, des matériaux de qualité à portée de main, des inserts un poil clinquants à certains endroits, une ambiance lumineuse et des sièges qui comblent vos moindres désirs, on peut aller très très loin avec cette N°8. Vous arriverez à destination dans un excellent état de fraîcheur. L’autonomie est évidemment un de ses atouts principaux, même si certains clients métropolitains regretteront une puissance de charge moyenne de la batterie. Dommage, à la Réunion, nous n’avons pas le choix de la motorisation. Les modèles de 230ch ou 245ch, pourraient déjà combler une grande partie de la clientèle visée.
Les Plus :
- Style statutaire
- Equipements pléthoriques
- Finition et ambiance à bord
- Habitabilité
- Capacité de chargement
- Confort royal
- Insonorisation correcte
- Autonomie très généreuse
- Tenue de route et motricité
- Très bonnes performances…
Les Moins :
- …malgré sa masse conséquente
- Architecture 400V
- Réactivité du système multimédia
- Une seule version à la Réunion (350ch 4WD)